COVID-19 et biothérapies dirigées contre l’interleukine 6 ou son récepteur (25 mars. 2021)

Ano de publicação: 2021

CONTEXTE:

Le présent document ainsi que les constats qu’il énonce ont été rédigés en réponse à une interpellation du ministère de la Santé et des Services sociaux dans le contexte de la crise sanitaire liée à la maladie à coronavirus (COVID-19) au Québec. L’objectif est de réaliser une recension des données publiées et de mobiliser les savoirs clés afin d’informer les décideurs publics et les professionnels de la santé et des services sociaux. Bien que les constats reposent sur un repérage exhaustif des données scientifiques publiées, sur l’évaluation de la qualité méthodologique des études et sur une appréciation du niveau de preuve scientifique par paramètre clinique d’intérêt, le processus ne repose pas entièrement sur une méthode systématique ni une validation externe selon les normes habituelles à l’INESSS. Par ailleurs, les positions ne découlent pas d’un processus de consultation élaboré. Dans les circonstances d’une telle crise de santé publique, l’INESSS reste à l’affût de toutes nouvelles données, qu’elles soient de nature scientifique ou contextuelle, susceptibles de lui faire modifier cette réponse.

MÉTHODOLOGIE :

Questions d’évaluation Comparativement aux standards de soins, est-ce que les biothérapies ciblant l’IL-6 ou son récepteur sont efficaces et sécuritaires pour traiter les patients (adulte, enfant, femme enceinte) avec une infection au SARS-CoV-2 confirmée dont l’état, à l’amorce, exige -une hospitalisation sans recours à une oxygénothérapie; -une hospitalisation avec le recours à une oxygénothérapie non invasive (oxygène à faible débit, à haut débit, ventilation mécanique non invasive) dû à la COVID-19; -une hospitalisation avec le recours à une oxygénothérapie invasive (ventilation mécanique invasive, ECMO) dû à la COVID-19? Est-ce que chez ces populations, les avantages cliniques des biothérapies ciblant l’IL-6 ou son récepteur, comparativement aux standards de soins seuls, sont similaires? Quelle est la position des sociétés savantes, des agences règlementaires, des agences de santé publique et des agences d’évaluation des technologies en santé sur l’usage des biothérapies ciblant l’IL-6 ou son récepteur dans le traitement de la COVID-19?.

RÉSULTATS:

Depuis l’instauration en mars 2020 de la recherche systématique en continu de la littérature scientifique sur les médicaments à visé thérapeutique, 45 670 notices ont été recensées dont 313 études cliniques où l’intervention étudiée portait sur les biothérapies ciblant l’IL-6 ou son récepteur. De ce nombre, 9 ECRA ont été retenues.

DISCUSSION:

Au terme des travaux, en ce qui concerne les personnes atteintes de la COVID-19 dont l’état de santé requiert une hospitalisation, neuf études de type ECRA ont été répertoriées. Il ressort de l’état actuel des connaissances que le stade de sévérité de la maladie des personnes et la présence ou l’absence d’une inflammation systémique à l’amorce du traitement sont des facteurs importants quant à l’efficacité des biothérapies dirigées contre le récepteur de l’IL-6. En effet, sept des neuf ECRA évalués n’ont pas démontré d’effet clinique statistiquement significatif, sur le paramètre d’intérêt principal, en faveur du tocilizumab, ou du sarilumab, mais les critères de sélection des participants n’étaient pas optimaux pour évaluer l’effet d’une biothérapie immunomodulatrice étant donné que les marqueurs inflammatoires n’ont majoritairement pas été considérés comme un critère d’inclusion et que ces études incluaient des participants chez lesquels les niveaux de sévérité de la COVID-19 étaient très variables. Par ailleurs, certaines de ces études ont utilisé comme paramètre d’intérêt principal l’évolution du statut clinique sur une échelle à plusieurs échelons, alors que ce genre de paramètre présente plusieurs limites telles que de potentielles différences de sensibilité en fonction des établissements locaux ou cliniciens et l’absence d’une différence seuil pour établir un effet thérapeutique cliniquement important. De plus, ces études étaient majoritairement réalisées sur un faible nombre de participants; au global, REMAP-CAP et RECOVERY comptent pour 73 % des 6 779 participants inclus dans la présente revue rapide.

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