COVID-19 et biothérapies dirigées contre l’interleukine 6 ou son récepteur (25 janv. 2021)

Ano de publicação: 2021

CONTEXTE:

Le présent document ainsi que les constats qu’il énonce ont été rédigés en réponse à une interpellation du ministère de la Santé et des Services sociaux dans le contexte de la crise sanitaire liée à la maladie à coronavirus (COVID-19) au Québec. L’objectif est de réaliser une recension des données publiées et de mobiliser les savoirs clés afin d’informer les décideurs publics et les professionnels de la santé et des services sociaux. Bien que les constats reposent sur un repérage exhaustif des données scientifiques publiées, sur l’évaluation de la qualité méthodologique des études et sur une appréciation du niveau de preuve scientifique par paramètre clinique d’intérêt, le processus ne repose pas entièrement sur une méthode systématique ni une validation externe selon les normes habituelles à l’INESSS. Par ailleurs, les positions ne découlent pas d’un processus de consultation élaboré. Dans les circonstances d’une telle crise de santé publique, l’INESSS reste à l’affût de toutes nouvelles données, qu’elles soient de nature scientifique ou contextuelle, susceptibles de lui faire modifier cette réponse.

MÉTHODOLOGIE :

Questions d’évaluation Comparativement aux standards de soins, est-ce que les biothérapies ciblant l’IL-6 ou son récepteur sont efficaces et sécuritaires pour traiter les patients (adulte, enfant, femme enceinte) avec une infection au SARS-CoV-2 confirmée dont l’état, à l’amorce, exige -une hospitalisation sans recours à une oxygénothérapie; -une hospitalisation avec le recours à une oxygénothérapie non invasive (oxygène à faible débit, à haut débit, ventilation mécanique non invasive) dû à la COVID-19; -une hospitalisation avec le recours à une oxygénothérapie invasive (ventilation mécanique invasive, ECMO) dû à la COVID-19? Est-ce que chez ces populations, les avantages cliniques des biothérapies ciblant l’IL-6 ou son récepteur, comparativement aux standards de soins seuls, sont similaires? Quelle est la position des sociétés savantes, des agences règlementaires, des agences de santé publique et des agences d’évaluation des technologies en santé sur l’usage des biothérapies ciblant l’IL-6 ou son récepteur dans le traitement de la COVID-19?.

RÉSULTATS:

Données cliniques sur l’efficacité Depuis l’instauration en mars 2020 de la recherche systématique en continu de la littérature scientifique sur les médicaments à visé thérapeutique, 36 796 notices ont été recensées dont 248 études cliniques où l’intervention étudiée portait sur les biothérapies ciblant l’IL-6 ou son récepteur. Tocilizumab Le tocilizumab est un anticorps monoclonal humanisé dirigé contre le récepteur soluble et membranaire de l’IL-6 humaine. Tocilizumab chez des patients hospitalisés dont l’infection au SARS-CoV-2 a été confirmée, Résultats sur l’évolution clinique Toutes les études sélectionnées ont étudié l’effet du tocilizumab sur l’évolution clinique: un paramètre d’intérêt primaire, des patients atteints de COVID-19. Toutefois, les sept ECRA ont utilisé des paramètres différents, incluant des paramètres composites, ne permettant pas toujours de comparer les résultats obtenus entre les études.

DISCUSSION:

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, de nombreuses études observationnelles empreintes de biais et limites méthodologiques ont été publiées, alors que plusieurs études de type ECRA sont maintenant disponibles et permettent une meilleure appréciation de l’efficacité et de l’innocuité des biothérapies dirigées contre le récepteur de l’IL-6. Au terme des travaux il ressort qu’aucune donnée scientifique dans la littérature ne permet d’évaluer l’effet des biothérapies dirigées contre l’IL-6 ou son récepteur, utilisées en prophylaxie pré- ou post- exposition au SRAS-CoV-2 ou utilisé chez les sujets COVID-19 confirmés dont l’état n’exige pas une hospitalisation. Toutefois, en ce qui concerne les personnes atteintes de la COVID-19 dont l’état de santé requiert une hospitalisation, six études de type ECRA ont été répertoriées et il semblerait que le stade de sévérité de la maladie des personnes à l’amorce du traitement soit un facteur important pour ce qui a trait à l’efficacité des biothérapies dirigées contre le récepteur de l’IL-6. Les résultats de ces ECRA confirment globalement ceux tirés des 19 études observationnelles décrites dans la précédente version de cette réponse en continu.

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