COVID-19 et pénurie de sédatifs, analgésiques et bloqueurs neuromusculaires: alternatives et principes de sédation aux soins intensifs et au bloc opératoire

Ano de publicação: 2020

CONTEXTE:

Le présent document ainsi que les constats qu’il énonce ont été rédigés en réponse à une interpellation du ministère de la Santé et des Services sociaux dans le contexte de l’urgence sanitaire liée à la maladie à coronavirus (COVID-19) au Québec. L’objectif est de réaliser une recension sommaire des données publiées et de mobiliser les savoirs clés afin d’informer les décideurs publics et les professionnels de la santé et des services sociaux. Vu la nature rapide de cette réponse, les constats ou les positions qui en découlent ne reposent pas sur un repérage exhaustif des données publiées, une évaluation de la qualité méthodologique des études avec une méthode systématique ou sur un processus de consultation élaboré. Dans les circonstances d’une telle urgence de santé publique, l’INESSS reste à l’affût de toutes nouvelles données susceptibles de lui faire modifier cette réponse rapide.

PRÉSENTATION DE LA DEMANDE:

La COVID-19 peut entraîner certaines complications graves qui nécessitent l’hospitalisation de la personne affectée, notamment le syndrome de détresse respiratoire aigu (ARDS) qui nécessite la mise en place d’une ventilation mécanique. Parmi les médicaments administrés dans le cadre d’une ventilation mécanique se trouve entre autres le propofol, un agent sédatif-hypnotique utilisé pour diminuer l’inconfort d’une intubation aux soins intensifs, ainsi que le rocuronium et le cistracurium, des bloqueurs neuromusculaires non dépolarisants qui permettent, dans certains cas, d’améliorer la synchronisation de la ventilation mécanique. Plusieurs de ces médicaments sont également employés au bloc opératoire, aux urgences, dans les unités de soins palliatifs ainsi que dans le contexte de l’aide médicale à mourir, ce qui crée une compétition entre les différents secteurs cliniques pour l’accès à ces molécules. La pandémie actuelle liée à la COVID-19 exerce une pression mondiale énorme sur les stocks de médicaments utilisés aux soins intensifs. À titre d’exemple, aux États-Unis, la demande pour les sédatifs les plus couramment utilisés aux soins intensifs et au bloc opératoire (propofol, dexmédétomidine, étomidate, kétamine, lorazépam, midazolam) a augmenté de 51 % durant le mois dernier [Phend, 2020]. Neuf grands centres hospitaliers européens ont annoncé, le 2 avril dernier, ne disposer que de 2 semaines de réserves de médicaments essentiels pour les soins critiques [Cheng, 2020]. Au Québec, le propofol est d’ailleurs en situation de rupture de stock jusqu’à la mi-avril auprès de son fabricant, la compagnie Baxter. Afin d’être en mesure de poursuivre la mise en place de la ventilation mécanique auprès des personnes qui le nécessitent, et ce, même en cas de pénurie de propofol, de cisatracurium ou de rocuronium, le MSSS a demandé à l’INESSS d’identifier les médicaments qui pourraient constituer des options alternatives à ces molécules aux soins intensifs et au bloc opératoire, tout en tenant compte des ruptures de stock actuelles et anticipées. MÉTHODOLOGIE Revue de littérature Questions d’évaluation : 1. Quelles sont les alternatives aux stratégies traditionnelles de sédation? 2. Quels sont les principes généraux de sédation qui favorisent l’usage optimal des médicaments? 3. Quelles stratégies de sédation permettent de limiter les risques de pénurie des médicaments? SOMMAIRE DES RÉSULTATS: Question 1: Quelles sont les alternatives aux stratégies traditionnelles de sédation? État actuel des connaissances scientifiques.

Question 2:

Quels sont les principes généraux de sédation qui favorisent l’usage optimal des médicaments? Question 3: Quelles stratégies de sédation permettent de limiter les risques de pénurie des médicaments?

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