COVID-19 et Chloroquine/hydroxychloroquin

Ano de publicação: 2020

PRÉSENTATION DE LA DEMANDE:

Il a été demandé à l’INESSS d’évaluer la place de la chloroquine et l’hydroxychloroquine dans le traitement de la COVID-19 et d’assurer une veille scientifique pour actualiser l’état des connaissances le cas échéant.

MÉTHODOLOGIE :

Questions d’évaluation Est-ce que la chloroquine et l’hydroxychloroquine sont efficaces et sécuritaires pour un usage en prévention de la COVID-19? Est-ce que la chloroquine et l’hydroxychloroquine sont efficaces et sécuritaires pour traiter les patients (adulte, enfant, femme enceinte) COVID-19 confirmés dont l’état n’exige pas une hospitalisation? Est-ce que la chloroquine et l’hydroxychloroquine sont efficaces et sécuritaires pour traiter les patients (adulte, enfant, femme enceinte) COVID-19 confirmés dont l’état exige une hospitalisation? Quelle est la position des sociétés savantes, des agences règlementaires, des agences de santé publique et des agences d’évaluation des technologies en santé sur l’usage de chloroquine et l’hydroxychloroquine dans le traitement de la COVID-19? Type de revue de littérature : revue rapide non systématique.

Repérage des publications :

La stratégie de recherche et le repérage des documents tirées de la littérature scientifique ont été réalisés par un bibliothécaire en utilisant notamment les mots clés suivants : Mots clés utilisés : chloroquine, hydroxychloroquine, COVID-19, severe acute respiratory syndrome coronavirus 2, SARS-CoV-2. Pour les études cliniques en cours, le repérage a été effectué par un professionnel scientifique en utilisant le nom des médicaments. Pour la physiopathologie de la COVID-19 et les mécanismes d’action de la chloroquine et l’hydroxychloroquine, un professionnel scientifique a effectué le repérage scientifique en utilisant notamment les mots clés suivants : clinical characteristics, clinical feature, immune dysregulation, COVID-19, severe acute respiratory syndrome coronavirus 2, SARS-CoV-2 OU chloroquine, hydroxychloroquine, antiviral effect, antiinflammatory effect, immunomodulatory effect.

RÉSULTATS:

La COVID-19 est une maladie causée par le virus SARS-CoV-2 qui infecte préférentiellement les cellules du tractus respiratoire. Le SARS-CoV-2 est un virus à ARN qui se lie aux cellules humaines par le biais de ses glycoprotéines S à l’enzyme de conversion de l'angiotensine 2 (de l’anglais ACE 2) [Letko et al., 2020; Zhou et al., 2020]. Cette enzyme se trouve notamment à la surface des cellules épithéliales qui tapissent le tractus respiratoire, le tube digestif, les reins et le cœur [Zou et al., 2020; Li et al., 2003]. Une fois à l’intérieur de la cellule, toute la machinerie cellulaire et le matériel protéique et génomique sont détournés en faveur de la production de protéines virales puis de la réplication de l’ARN qui sont nécessaires à la fabrication de nouvelles copies du virus [Fehr et Perlman, 2015]. Une multiplication virale importante provoque généralement une mort des cellules infectées. Les dommages entraînent une mobilisation des cellules immunitaires locales et une production de chimiokines et de cytokines proinflammatoires qui permettent à leur tour le recrutement massif d’autres cellules pour contenir l’infection. La maladie se manifeste le plus souvent par une toux sèche et de la fièvre, des symptômes pouvant s’apparenter à ceux d’un rhume ou d’une grippe; certains patients développent une dyspnée. L’expérience clinique montre qu’elle peut être accompagnée d’une lymphopénie, qui semble directement influencer le pronostic [Liu et al., 2020; Tan et al., 2020; Zheng et al., 2020]. Une pneumonie interstitielle, caractérisée par des opacités en verre dépoli généralement périphériques et bilatérales à l’imagerie pulmonaire [Yang et al., 2020] survient dans les formes plus sévères de la maladie. Les données actuellement disponibles indiquent que les formes sévères et critiques de COVID-19 pourraient être causées par la survenue d’un syndrome de libération de cytokines pro-inflammatoires (cytokine release syndrome, CRS) [Liu et al., 2020; Thompson et al., 2017]. Sur le plan biologique, celui-ci se traduit notamment par ratio neutrophile-lymphocyte sanguin plus élevé et une expression accrue des cytokines pro-inflammatoires [Qin et al., 2020]. Ce syndrome est une réponse aberrante du système immunitaire; il a été mis en évidence dans diverses pathologies infectieuses, dont certaines infections respiratoires humaines causées par des coronavirus [Channappanavar et Perlman, 2017]. Ce phénomène d’inflammation massive entraine une augmentation importante de la perméabilité vasculaire; l’entrée de fluides et de cellules sanguines dans les alvéoles mène à l’aggravation de la dyspnée. Les dommages alvéolaires alors provoqués peuvent précipiter un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA); l’auto-entretien de cette cascade inflammatoire peut mener à un choc cytokinique et à un syndrome de défaillance multiviscérale (SDMV) conduisant au décès.

DISCUSSION:

Malgré des données issues d’études conduites in vitro et in vivo indiquant que la chloroquine et l’hydroxychloroquine pourraient exercer une action antivirale contre le coronavirus SARS-CoV et le SARS-CoV-2 et influencer les mécanismes régulateurs de ’inflammation, l’état actuel des connaissances ne permet pas d’associer ou d’exclure ces phénomènes chez l’humain, aux posologies utilisées, dans le contexte de la COVID-19. Depuis le début de la pandémie quelques études cliniques ont été publiées sur l’effet de l’hydroxychloroquine et la chloroquine chez les patients COVID-19 hospitalisés, mais peu avaient comme critère d’évaluation principal des issus cliniques ayant de la valeur pour le patient et la pratique du clinicien; l’emphase est plutôt sur des réponses virologiques, des marqueurs inflammatoires et des symptômes et des signes radiologiques. Il n’y a actuellement aucune donnée scientifique dans la littérature qui permet d’apprécier l’effet de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine sur l’évolution clinique et le pronostic chez les patients COVID-19 confirmés dont l’état n’exige pas une hospitalisation [Niveau de preuve scientifique insuffisant].

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