COVID-19 et les soins palliatifs en contexte de pénuries pendant la pandémie

Año de publicación: 2020

CONTEXTE:

Le présent document ainsi que les constats qu’il énonce ont été rédigés en réponse à une interpellation du ministère de la Santé et des Services sociaux dans le contexte de l’urgence sanitaire liée à la maladie à coronavirus (COVID-19) au Québec. L’objectif est de réaliser une recension sommaire des données publiées et de mobiliser les savoirs clés afin d’informer les décideurs publics et les professionnels de la santé et des services sociaux. Vu la nature rapide de cette réponse, les constats ou les positions qui en découlent ne reposent pas sur un repérage exhaustif des données publiées, une évaluation de la qualité méthodologique des études avec une méthode systématique ou sur un processus de consultation élaboré. Dans les circonstances d’une telle urgence de santé publique, l’INESSS reste à l’affût de toutes nouvelles données susceptibles de lui faire modifier cette réponse rapide.

PRÉSENTATION DE LA DEMANDE:

Le midazolam (VersedMC), lorazépam (AtivanMC) ainsi que le phénobarbital font partie des médicaments administrés en soins palliatifs. Le contexte actuel d’urgence sanitaire lié à la COVID-19 exerce une forte pression sur l’usage de ces médicaments. Afin d’être en mesure d’offrir des soins palliatifs de qualité aux personnes qui le nécessitent, et ce, même en cas de pénurie, le MSSS a demandé à l’INESSS de rechercher les médicaments pouvant constituer des alternatives au lorazépam, midazolam et au phénobarbital en soins palliatifs, tout en tenant compte des ruptures de stock actuelles et anticipées de ces médicaments. Une attention particulière a été portée aux moyens permettant de limiter les pertes de produits, ainsi que l’usage du matériel pouvant être appelé à manquer, tels les pompes volumétriques.

MÉTHODOLOGIE:

Revue de littérature Questions d’évaluation: 1. Quelles sont les alternatives au midazolam (VersedMC), au lorazépam (AtivanMC) et au phénobarbital en soins palliatifs? 2. Quels seraient les moyens permettant de limiter les pertes de ces médicaments? Repérage des publications : Date de la recherche: 9 avril. Une recherche rapide a été effectuée en utilisant les bases de données Pubmed, Medline, Embase, EBM Reviews et le moteur de recherche Google avec les mots-clés suivants: midazolam, lorazepam, phenobarbital, palliative care, palliative sedation, drug shortage. Une recherche manuelle de la littérature a également été effectuée en consultant les sites Web des agences règlementaires, d’agences d’évaluation des technologies de la santé ainsi que ceux d’organismes gouvernementaux, d’associations ou ordres professionnels en lien avec le thème des travaux. CONSTATS DE L’INESSS: Basé sur la documentation scientifique disponible au moment de sa rédaction, et sur les consultations menées, malgré l’incertitude existante dans cette documentation et dans la démarche utilisée, l’INESSS met en lumière que: La pénurie de médicaments, réelle ou potentielle, doit être communiquée localement dès maintenant aux différents intervenants et des actions mises en place immédiatement, si ce n’est pas déjà fait, dans tous les centres hospitaliers du Québec, qu’ils reçoivent ou non des patients atteints de la COVID-19. L’utilisation des options alternatives devrait donc être favorisée dès maintenant afin d’éviter une pression à la baisse sur les stocks des molécules déjà à risque de pénurie. Dans un contexte d’approvisionnement limité et incertain, il faut éviter le gaspillage et minimiser les pertes; de plus, l’usage de certains produits critiques devrait être priorisé et réservé aux situations pour lesquelles les options alternatives sont peu ou pas envisageables. Il est important de bien adapter le choix des médicaments en fonction des symptômes que l’on souhaite soulager, de l’état du patient et du degré de sédation désiré. Pour soutenir les plus petits centres hospitaliers dans l’usage des options alternatives en soins palliatifs, il serait important de faciliter le partage des connaissances développées dans les grands centres hospitaliers au moyen, par exemple, d’un programme de mentorat. Les patients atteints de COVID-19 chez qui l’approche préconisée est palliative devront faire l’objet d’une prise en charge adaptée qui tient compte de la mitigation des risques de transmission ou contamination. Considérant l’évolution de la pandémie et les milieux d’exercice des soins de fin de vie, les pratiques devront néanmoins s’adapter en tenant compte des éléments d’expertise locale et de capacité du milieu à offrir certains soins.

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