Place de la coloscopie virtuelle dans un programme organisé de dépistage du cancer colorectal

Publication year: 2008

Le cancer colorectal constitue la deuxième cause de mortalité par cancer au pays, mais demeure une maladie curable lorsqu’elle est dépistée précocement. Actuellement, la coloscopie standard est la technique de référence pour dépister et diagnostiquer les lésions colorectales cancéreuses et précancéreuses (polypes adénomateux). Depuis maintenant près d’une quinzaine d’années, une option de rechange moins effractive est disponible, soit la coloscopie virtuelle. Cette méthode d’imagerie utilise la tomodensitométrie hélicoïdale et le traitement informatisé des images pour obtenir des représentations bidimensionnelles et tridimensionnelles du côlon. Or, la Direction de la lutte contre le cancer (DLCC) du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec est actuellement à mettre sur pied un programme organisé de dépistage du cancer colorectal. Elle se questionne sur le rôle que pourrait occuper la coloscopie virtuelle dans son programme, précisément comme outil de deuxième intention. La DLCC a donc demandé à l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé de se pencher sur cette question. La présente note informative constitue un avis sur la performance de la coloscopie virtuelle et sur son rôle comme outil diagnostique chez les patients qui obtiennent un résultat positif à une recherche de sang occulte dans les selles (RSOS). Les résultats des plus récentes revues systématiques y sont présentés, ainsi que les conclusions et (ou) recommandations d’agences d’évaluation des technologies de la santé et de professionnels du domaine (guides de pratique clinique, consensus d’experts). Actuellement, la coloscopie virtuelle ne semble pas offrir une performance suffisante pour le diagnostic de l’ensemble des lésions colorectales significatives (cancers et polypes ≥ 6 mm). La coloscopie virtuelle n’est pas l’outil courant de choix pour diagnostiquer les cancers et polypes colorectaux chez les patients qui ont préalablement obtenu un résultat positif à un test de RSOS. Par contre, elle offre une utilité comme méthode diagnostique chez les patients pour lesquels une coloscopie standard est contre-indiquée ou n’a pu être complétée.(AU)